L'odeur de la Jacinthe et des chiens saucisses

L'odeur de la Jacinthe et des chiens saucisses

Alors que les jacinthes poussent en hiver, leur parfum me ramène toujours à ce printemps-là — celui où nous avions dix ans, les genoux écorchés, le cœur léger. 

Dans le jardin en contrebas, les rires fusaient pendant qu’on habillait les petits chiens saucisses que mon amie venait d’avoir.

Leurs museaux frémissaient, curieux de ce monde trop grand pour eux. Sur la peau et les vêtements de ma copine, il y avait ce parfum, bien ancré dans nos années 80 — Anaïs Anaïs de Cacharel — un nuage doux et tendre de fleurs blanches et de jacinthe fraîche.

Le souffle du vent le portait jusqu’à moi, mêlé à la chaleur du soleil et à l’odeur de la terre.

Chaque fois que je sens une jacinthe aujourd’hui, je revois nos mains caressant les chiots, le tissu minuscule qu’on leur nouait autour du cou, nos rires tremblants de joie féroce pour ces petites créatures que l'on aurait pu écraser à force de les serrer dans nos bras, à force de les aimer.

C’était l’enfance, simple et éclatante, dans le sillage d’un parfum devenu souvenir. Dans les mots clés de mon osmothèque de parfumeur pour décrire l'odeur de la jacinthe, j'ai noté :

Chiens Saucisses.

J'imagine alors les notes animales des bébés chiens s'accordant aux notes vertes, cristalline d'un bouquet innocent, lait de lys et pulpe de jacinthe... un contraste tendre de pelage chaud et de pétales mouillées. "Jacinthe et Chiens Saucisses", un nom marrant pour un parfum... 

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